- Sophie

Dans la région où je vis, en Guyane, certaines populations ont une "coutume" que je trouve tout aussi répugnante que l'excision : les jeunes filles DOIVENT avoir un enfant dans les 6 mois qui suivent leurs première règles. Si elles n'ont pas de copain (ce qui est logique a 12 ans environ) , c'est le père qui choisit : un ami à lui, un cousin, un oncle..ou lui-même !!! ce n'est rien d'autre qu'un viol !

Et personne ne s'insurge contre ces viols organisés, car c'est la "coutume".

Ça se passe en France, en 2010.

(NDLR: plus d'infos sur http://parlerlibrement.over-blog.com/article-le-scandale-des-jeunes-filles-du-fleuve-maroni-61802912.html)

- Sanaë

Oh l'horreur ! Oh l'horreur !!!!!!!! Mais si l'on regarde bien, dans toutes cultures, l'homme a eu besoin d'assouvir la femme dès sa première rencontre avec elle ! D'exercer un pouvoir sur elle à tous prix ! De quoi a t'il tant peur ? De quoi est-t'il si jaloux ? Quand va-t'il finir par comprendre qu'elle est là pour le compléter et non pour le dominer ? Pffffffffffffff..........

- Bruno Jean

Bonjour Sanaë,
Merci pour ce commentaire, très "questionnant" et c'est là tout l'intérêt d'un débat entre hommes et femmes: se poser, poser et faire poser des questions.

"Dans toutes CULTURES" écrivez-vous.

Je ne sais pas, je ne connais pas toutes les cultures humaines en détail...

Il me semble néanmoins, pour l'avoir lu ou vécu, qu'il subsiste, ça et là, quelques sociétés dites "matriarcales"...
Mais votre affirmation "Dans toutes cultures" nous indique surtout que ce serait spécifiquement "culturel" selon vous, donc transmis par la culture?

De l'acquis, quoi, pas de l'inné.

Ouf!

Merci pour ce compliment indirect que vous adressez à l'homme: ce n'est pas dans ses gènes "d'assouvir" la femme. Je pense que vous vouliez écrire "asservir" mais c'est un lapsus intéressant! hi hi hi! pour l'homme que je suis.

Il acquerrait donc ce comportement par adhésion à la culture dominante de la société (fut-elle soi-disant "primitive" ou soi-disant "développée"...) dont il fait partie dans sa prime enfance.

"Acquerrait"...ou pas! L'humain fait des choix, n'oublions pas.

Va falloir faire le tour des cultures je crois, pour tenter de comprendre de "quoi ça s'agit" ces "cultures", comme dirait Gad Elmaleh...

Mais, apparemment pas exclusivement "culturel" pour vous, car vous écrivez juste après : "l'homme a eu BESOIN d'assouvir ("asservir" donc) la femme..."

Et vous entrez ainsi dans un autre domaine: celui des "besoins" de l'homme, entendu au sens de "besoin à...assouvir", d'où votre lapsus certainement, mais besoins tels qu'une femme - vous en l'occurrence - les perçoit, les ressent.

Et pas forcément tels que ces "besoins" qui seraient spécifiquement masculins sont perçus, ressentis par un homme.

Il me semble que le débat "de fond" est là: que ressentons-nous, les un(e)s et les autres, de notre propre féminité si on est femme, de notre propre masculinité si on est homme, en dehors de toute pression "extérieure", si tant est que cela soit exprimable facilement!

Vos questions ci-dessus, Sanaë, témoignent, peut-être à votre insu, de ce que vous, vous ressentez de votre position en tant que femme dans votre relation avec un homme.

Je suis un homme.

J'aimerais répondre maintenant à l'une de vos questions qui m'est adressée à moi aussi, à partir de ce que je connais de moi "en tant qu'homme".

"De quoi a t'il tant peur?"

Qui deviendrait alors : "De quoi ai-je-tant peur, moi Bruno Jean...chez une femme?"

Car je ne vais pas parler au nom d'autres que je ne connais pas, forcément différents de moi.

Si vous êtes d'accord avec cette reformulation de votre question car elle ne trahirait pas votre pensée, dites-le moi et je poursuivrai.

A bientôt, Sanaë,

-Bruno Jean

PS: "Sanaë" serait un prénom d'origine arabe, qui allierait à la fois féminin et masculin et signifierait "grandeur et splendeur"...

J'aime beaucoup!

- Sanaë

Et bien Bruno quel analyste vous faites ! Dois-je vous surnommer le prince des mots ?

En effet mon "toutes" généralise les cultures et j'en oubliais celles qui sont matriarcales et si rares (que je connais peu) mais là aussi il serait intéressant de se pencher sur leurs histoires et de se questionner sur les raisons d'un tel fonctionnement.
Peut être avez-vous une idée ?

Je pense "culture" il est vrai car je crois en la nature humaine et je ne pense pas que ce besoin d' "asservir" soit inné, d'où mon tempérament animé.

Mon lapsus est représentatif de ma pensée car je suis persuadée que celui qui exerce une domination si extrême sur quelqu'un croit assouvir ses besoins personnels mais aussi celui de l'autre !
D'où mon questionnement.
Je ne saurais y répondre, je ne fais pas partie de celles et ceux à qui on a transmis de telles croyances mais je sais une chose bien basique : plus on a peur de quelque chose plus on cherche à le maîtriser à moins de réussir à le fuir !

Mon prénom est bien tel que vous l'avez expliqué ! Merci de vous y être attardé !

J'espère vous avoir aidé à mieux comprendre mes mots.

-Bruno Jean

‎" Et bien Bruno Jean quel analyste vous faites ! "

Effectivement: quel analyste fais-je!

Je me le demande régulièrement, c'est-à-dire à chaque fois que je me trouve dans cette "position" si particulière qu'est celle de l'analyste...

Mais bon, ça c'est tout autre chose!

"Dois-je vous surnommer le prince des mots ?"

Non. Vous n'avez aucune dette envers moi.

Sachez seulement que je ne réponds pas aux surnoms: je n'en finirais pas, il y en a tellement!

Mais je réponds au prénom "Bruno Jean", car je me reconnais dans ce prénom.

En ce qui concerne mon emploi du terme "matriarcal", je vous prie de me pardonner car j'ai commis une erreur: j'aurais du dire "gynocratique".

En effet, le matriarcat est encore aujourd'hui trop souvent entendu comme l'équivalent féminin du patriarcat.

Alors qu'en fait, ce terme désigne un système ou la parenté est établie de façon "matrilinéaire".

Vous pourrez lire à ce sujet: http://fr.wikipedia.org/wiki/Matriarcat
(surtout la biblio en bas de page, Evelyn Reed en particulier)
et http://fr.wikipedia.org/wiki/Famille_matrilinéaire

pour en apprendre un peu plus et mieux sur ces termes.

Et apprendre aussi, au passage, que de telles sociétés "matriarcales" où les femmes détiennent les mêmes rôles institutionnels que les hommes dans les sociétés patriarcales, n'ont pas encore été "découvertes" à ce jour!

Et finalement, ce n'est pas plus mal ainsi, à mon avis.

Car, que l'on parle de "patriarcat" (cf. la chanson éponyme écrite et chantée par Brigitte Fontaine en 77, qu'ado j'écoutais en boucle avec mes copines et mes copains "féministes": http://www.youtube.com/watch?v=Mv7lqCU8_Is ) ou bien de "matriarcat", c'est toujours du..."POUVOIR" exercé par l'un sur l'autre, dont on parle au final, donc de "lutte" pour prendre ce pouvoir et le conserver.

Cette fameuse "lutte" qui faisait dire à Marx, un chouïa découragé: "la première lutte des classes entre elles, c'est la lutte des sexes entre eux"...

Et Marx vous donne raison: l'humain cherche souvent à combattre ce qui lui fait peur pour tenter de maîtriser ce qui lui fait peur.

Mais c'est un réflexe défensif malheureux.

Car maîtriser la cause d'une émotion n'est pas maîtriser l'émotion elle-même, qui, comme chacun sait n'est pas maîtrisable.

Un claustrophobe aura beau tout faire pour ne jamais se retrouver en milieu fermé et réussir à s'éviter ça, il aura quand même peur des milieux fermés.

Alors que faire?

Personnellement, je ne vois pas autre chose à faire que d'écouter cette peur se manifester librement en nous et s'en parler, en parler, tout aussi "librement".

"Que m'arrive-t-il à moi et pourquoi cela m'arrive à moi?" ce serait déjà un bon début il me semble...

Et j'en arrive enfin à:

"De quoi ai-je-tant peur, moi Bruno Jean...chez une femme?"

Car je ne vais pas parler au nom d'autres que je ne connais pas, forcément différents de moi.

Si vous êtes d'accord avec cette reformulation de votre question car elle ne trahirait pas votre pensée, dites-le moi et je poursuivrai."

Vous ne m'avez rien dit à ce sujet, pour l'instant.

Que me dites-vous maintenant, Sanaë?

- Michel Edouard

Bruno Jean,
Quand on voit quel type de personnes se sont approprié le terme "gynocratie", en tous cas sur le Web, on va peut-être s"en passer et s'en tenir à "matriarcat" quelle que soit l'imprécision du terme non?

- Bruno Jean

‎Michel Edouard,

Ce serait justement leur faire un bien trop grand honneur ou une publicité providentielle pour eux que de le leur laisser, considérant qu'ils se seraient "approprié" un mot...

Ils ne se sont rien approprié: ils utilisent sel...on leur propre sensibilité, c'est tout.

A nous de faire vivre ce mot dans toute sa richesse sémantique, en l'employant cette fois de façon non détournée. "Matriarcat" n'est pas imprécis, bien au contraire.

J'affirme seulement que mon emploi de ce mot dans mon commentaire est erroné.

Bien à vous...

- Michel Edouard

Blague dans le coin, j'aime bien votre insistance à répéter "eux" pour parler des partisanes de la gynocratie ou gynarchie. Il me semble plutôt que ce soient des amazones illuminées.

- Bruno Jean

Content que vous aimiez quand j'insiste à répéter.

Alors j'en profite, en insistant à répéter à Sanaë:

"Que me dites-vous maintenant, Sanaë?"

Et en vous invitant vous, Michel Edouard, à réfléchir et à nous dire:

"De quoi ai-je tant peur, moi Michel Edouard...chez une femme?"